Les années 90, pour beaucoup de passionnés du Bénélux, ne sont pas seulement une période de lecture. Ce sont les années où l’on commence à collectionner sérieusement. On ne se contente plus d’acheter un album pour le lire : on cherche l’édition originale, on compare les couvertures, on surveille l’état du dos.
C’est une époque charnière, entre passion pure et début d’un vrai marché du collectionneur.
La chasse aux éditions originales
Trouver une première édition publiée par Fluide Glacial ou Les Humanoïdes Associés devient un petit défi personnel.

On apprend à repérer les différences :
- le logo en couverture
- la mention du premier tirage
- la qualité du papier
- les petites variations de maquette
Il n’y a pas encore internet comme aujourd’hui. Les informations circulent par bouche-à-oreille, via des catalogues papier ou des discussions en librairie.
Les librairies spécialisées, lieux de rendez-vous
Dans les villes belges et luxembourgeoises, les librairies spécialisées deviennent des points de ralliement. On y passe le mercredi après-midi ou le samedi, parfois sans rien acheter, juste pour feuilleter les nouveautés.
Les bourses et salons BD
Les bourses d’échange prennent aussi de l’ampleur. On y croise des collectionneurs passionnés, parfois déjà très pointilleux sur l’état des albums : coins nets, dos non plié, absence de jaunissement.

Ces événements ont une atmosphère particulière. On négocie, on échange, on raconte ses trouvailles.
Le début de la spéculation
Les années 90 voient apparaître les premières vraies discussions autour de la “cote”. Certains albums commencent à prendre de la valeur. On conserve les BD sous plastique, on évite de trop les manipuler.
Mais malgré cette dimension plus économique, l’esprit reste largement passionnel. La plupart des collectionneurs achètent d’abord par amour des œuvres, pas par stratégie d’investissement.

Une génération marquée à vie
Pour ceux qui ont vécu cette période, collectionner dans les années 90, c’était un mélange d’excitation et de découverte. Chaque album trouvé avait une histoire. Chaque série complétée procurait une vraie satisfaction.
Aujourd’hui encore, beaucoup gardent précieusement ces éditions acquises à l’époque. Pas seulement pour leur valeur, mais pour ce qu’elles représentent :
Une époque où l’on cherchait ses BD sans moteur de recherche, où chaque trouvaille avait un goût particulier, et où la passion se construisait lentement, album après album.
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