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Photos

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Biographie

De l'Espagne 'musicale', on ne connaît que peu de choses. Nombreux sont ceux qui en sont restés à quelques images d'Epinal, qui tiennent bien souvent en un seul et même mot : flamenco.

Pourtant, Migala est un groupe espagnol. Ou plutôt l'association de six personnalités - deux frères, Abel et Rodrigo Hernandéz, deux autres frères, Coque et Diego Yturriaga, accompagnés par Rubén Moreno et Jordi Sancho - qui ne prennent de décisions - artistiques ou autres - que par le biais d'un vote démocratique. Six garçons, parfois rejoints par d'autres acolytes, au gré des envies ou des prestations, qui habitent la banlieue nord-ouest de Madrid et enregistrent chez eux, se privant volontairement de toute aide extérieure.

 

 

L'aventure a débuté en 1995. à l'époque, Coque n'en faisait pas encore partie. Ils commencent à bricoler quelques morceaux à l'aide d'un quatre-pistes, d'instruments 'traditionnels' - guitare, basse, batterie, mais aussi violon, accordéon ou violoncelle - et d'un sampler. Sur la foi d'un concert, l'un des tout premiers, Migala signe sur le label indépendant Acuarela, sorte d'équivalent madrilène de Lithium en France.

Et en octobre 1997, le groupe réalise un premier album, Diciembre 3 AM, fort de dix-huit morceaux et d'une pochette désespérément grise. Les deux reprises, "Fade Into You" de Mazzy Star et "Moonriver" de Mancini sont alors autant de clés pour entrer dans cet univers mystérieux. En mariant une certaine tradition à une nouvelle technologie, en jouant sur les silences et en décidant de chanter en anglais, Migala s'est ainsi forgé une personnalité baroque et saisissante.

En 1999 paraît 'Asi Duele Un Verano', deuxième album sur lequel les superbes mélodies de Migala font tantôt songer aux Tindersticks, tantôt à Lambchop pour les ambiances, l'orchestration, et le spleen qui s'en dégage.

 

 

L'album qui fera sortir Migala de l'underground paraît en 2000. Arde, véritable chef d'oeuvre, bâti sur le canevas éculé de la folk song pastorale, tresse méticuleusement sa propre étoffe, à l'aide de petits miracles, de motifs répétitifs, de bruitages fondus dans la musique (accidents, cris, conversations...), de récits d'incommunicabilité, d'inadaptation au monde, et finalement d'espoir, du moins pour les autres.

"Restos de un incendio", leur dernier album en date, est tout simplement le fruit de la tournée ayant suivi la sortie de "Arde", durant laquelle les morceaux du groupe ont suivi une évolution telle que celui-ci a choisi de les enregistrer dans des versions bien à part. On ne retrouve dans cet album que 2 morceaux inédits, ainsi que 8 morceaux plus anciens, remis au goût du jour.
Après un silence de plus d'un an, le groupe devrait sortir un nouvel album vers mai 2004, non sans passer par le Rhâââ Lovely Festival pour en présenter les principales pièces.

 

Discographie

-) 1997 : 'Diciembre 3 a.m.' sur Acuarela.

Ce qu'en pense Popnews :
Ce premier album présente d'emblée ce qui fait le charme de Migala, présent tout au long de leurs trois albums. Ballades paisibles et mélancoliques prenant appui sur une voix profonde et grave, comme pourrait l'être celle de Nick Cave s'il arrêtait de maugréer ses ballades prédicatrices (chose peu probable en somme…). Guitare on ne peut plus folk, accompagnée soit d'un rythme flamenco ('a fistful', histoire – tout de même - de ne pas oublier les origines espagnoles du groupe), soit soulignée d'une partie de basse ('Sweet Anarchy', 'Isabella afterhours'), ou encore de claviers ('Fade into You'). Certaines plages se payent le luxe de ne rester que bruitistes et même de comporter des extraits de météo française (!!), sortes d'entractes entre deux titres aux guitares lyriques. D'autres restent presque totalement instrumentales, laissant alors la part belle aux envolées de 6 cordes martelées par une batterie énergique, qui casse ainsi le rythme parfois un peu pesant de l'album.
En effet, en voulant peut être trop créer une atmosphère de vraies chansons rêveuses, l'album sombre parfois dans le répétitif, donnant l'impression d'être trop uniforme, sans réel titre se démarquant. Malgré des reprises ('Moon River', 'Fade into You', et un morceau dont titres et paroles rappellent ouvertement les Sex Pistols : 'Sweet Anarchy'), mais aussi mettant un poeme de Yeats en musique ('an irish airman') ; Migala garde cependant son style, même si aucune innovation ni griffe majeure n'est créée… Cela reste le très bon album d'un groupe en devenir, qui ravira tous les nostalgiques de ballades douces et envoûtantes…

Inês de Almeÿ - site.

 

-) 1999 : 'Así Duele Un Verano' sur Acuarela.

Ce qu'en pense Popnews :
Parler de rock espagnol, renvoie le plus souvent l'image d'une musique énergique, fêtarde mais hélas aussi plutôt basse de poitrine et sentant fortement les relents de dessous de bras. Chez les Espagnols de Migala, qui viennent de sortir leur deuxième album, rien à voir avec cette idée reçue. S'il fallait trouver une famille musicale à ce groupe ainsi qu'à leur superbes mélodies, ce serait du côté des Tindersticks et de Lambchop que l'on se porterait car, comme chez ces derniers, les ambiances sur le disque ainsi que et les savantes orchestrations (piano et violons) réussissent à délivrer un spleen baroque mais nullement forcé.
Dès le premier morceau, d'où émerge le bruit du ressac, des mouettes et d'une corne de brume, le ton est donné : on est invité sur ces treize plages à vivre une croisière ... mais à la place d'une aventure en première classe avec piscine, cocktails et bronzette à volonté on aurait hérité d'un billet au plus profond de la cale d'un cargo avec comme attractions principales quelques grincements (violons), quelques bruits d'écoulements en tous genres, le chant strident des goélands, des instants lancinants se déclinant (presque) à l'infini (intro de "Low Of Defenses", "Guetaria"), un voisin à la voix grave et pénétrante ainsi qu'un unique hublot laissant de temps en temps poindre un rai lumineux (piano).
Les frissons ressentis à l'écoute de ce "Asi Duele Un Verano" sont si forts que l'on sait dès à présent que l'on ne pourra jamais plus se passer de cet album.

Lorseau - site.

 

-) 2000 : 'Arde' sur Acuarela.

Ce qu'en pense Popnews :
Parfois, il n'est pas mauvais d'attendre un peu pour parler d'un album. En premier lieu, parce que ce n'est pas forcément facile, avouons-le, de ne pas tomber dans la surenchère béate et facile, en l'occurrence de rendre justice à un disque pareil dont j'aime à penser qu'il ne peut finalement être apprécié que dans la durée. Et puis également parce qu'il faut éviter d'écrire pour un nouvel album la chronique qu'on pourrait écrire du précédent (syndrôme courant), avec quelques années d'écoutes et de recul. Dans le cas de Migala, ce serait d'ailleurs une grossière erreur, tant les espagnols ont remis leur métier sur l'ouvrage, plutôt que de continuer à bâtir les Palace en Espagne dont on les savait géniaux décorateurs plutôt qu'architectes novateurs - mais qui l'est encore ? - sur le précédent "Asi Duele Un Verano". Résultat ? n'ayons pas peur des mots, un chef d'oeuvre. Passés les deux instrumentaux introductifs, un "Primara Parada" étrangement serein, et une Calexicade du nom de "El Caballo Del Malo", qui finit l'air de rien en ondelettes de guitares, on saisit vite l'ampleur du travail accompli par Abel et les siens : sur le canevas éculé de la folk song pastorale, tresser méticuleusement leur propre étoffe, à l'aide de petits miracles, de motifs répétitifs ("La Noche"), de bruitages fondus dans la musique (accidents, cris, conversations...), de récits d'incommunicabilité, d'inadaptation au monde ("Our Times of Disaster"), et finalement d'espoir, du moins pour les autres ("But I am glad that some are together and have children", dans "Last Fool Around"). Alors qu'il aurait été si aisé de simplement toucher, Migala bouleverse l'auditeur, le remue comme il a su remuer ses chansons, en mêlant intimement classicisme d'écriture et triturage plus expérimental des structures et des sons, en mariant ses rêves étranges et ses fantômes, sans cynisme ni naïveté, sans désespoir ou glauquerie vainement affichés, sans esbrouffe. A l'arrivée : un album dont on ne peut décrocher, un désastre à l'attraction irrésistible.

Guillaume - site.

Ce qu'en pense Indiepoprock :
Un coucher de soleil flamboyant sur une plage indéfinie, une cour d'école maternelle à l'heure de la récréation, la lueur pâle mais bien vivante dans les yeux de l'être que l'on a aimé… autant de paysages et de sensations évoqués par la musique de Migala qui, plutôt que de nous construire des châteaux en Espagne, nous invite à nous enfuir avec elle, elle nous prend par la main, heureuse de trouver quelqu'un avec qui tailler un bout de chemin… En concert, elle prend toute son ampleur, décolle, s'envole et enrôle… Bercée par la voix chaude et bucolique d'Abel Hernandez, notre âme laisse libre cours à ses pensées, tantôt calmes et sereines, tantôt noyées par le chagrin et le regret de n'avoir pas été à la hauteur.
Après le magnifique « Asi duele un verano », le collectif espagnol ne s'est pas endormi sur ses lauriers et nous livre un troisième album de grande classe : les amateurs d'émotion forte en prennent pour leur grade, les fourmis se taisent et tendent leurs antennes, les voitures se garent et les trains à grande vitesse aussi, un ange passe puis revient et s'arrête… Il est tard et la mélancolie reprend le pouvoir.

Max:me - site.

 

-) 2002 : 'Restos Du Un Incendio' sur Acuarela.

Ce qu'en pense Popnews :
Ça commence comme une musique d'après la fin. Orgue plaintif et guitare esseulée. Et déjà l'on pressent que l'accalmie sera de courte durée et que ce qui va suivre promet d'être terrible. Déjà la batterie nous assène à chaque coup de caisse claire une décharge électrique. Puis arrive ce qui s'annonçait inévitable : le ciel, déjà sombre, devient encre, la terre se met à trembler et d'improbables guitares noyées de réverb fondent sur nous tel un magma en fusion. Ensevelis sous des nuées de cendres, on attend l'estocade finale, et on attend en vain. Chez Migala, on aime à se faire peur. Jamais à se faire mal. Après ces quelques 8 minutes apocalyptiques, la vie "normale " reprend son cours et logiquement, on passe à la plage suivante de ce disque envoûtant. Qu'on se rassure néanmoins : les délicieux vertiges que l'on avait ressentis durant la furieuse introduction ne nous quitteront plus avant la fin de cette promenade épique que constitue l'écoute de "Restos De Un Incendio". Certes, le ton est par la suite plus apaisé, mais cette tension latente si caractéristique de la musique de Migala ne nous lâchera plus.
Enregistré dans des conditions live en studio avec Nacho Vegas, nouvelle figure emblématique du groupe et guitariste émérite, ce presque-album retrace en fait la carrière du combo espagnol de ses débuts à nos jours. Mais en dix morceaux complètement revisités, les Madrilènes réussissent le petit exploit de nous tenir en haleine du début à la fin de ces 56 minutes. On pense bien entendu toujours un peu à Nick Cave ou à Tindersticks, mais à quoi bon bouder son plaisir ? Migala reste ce groupe étonnant capable de sculpter la pesanteur comme s'il s'agissait du plus commun des matériaux et d'ériger une statue à la léthargie faite reine. Deux accords elliptiques, une voix monocorde ("Instrucciones Para Dar Cuerda A Un Reloj"), et c'est tout un monde qui apparaît sous nos yeux ébahis. A ce stade de l'album, on a pourtant les paupières closes depuis belles lurettes. D'aucuns racontent d'ailleurs qu'à trop se laisser bercer, on en a vu sombrer… A vérifier.

Jan - site.

Ce qu'en pense Indiepoprock :
"Restos de un incendio" est un nouvel album de Migala sans en être un. Son titre, facilement compréhensible, n'est pas sans rappeler celui de leur précédent disque, "Arde" (brûlant). "Restos de un incendio" est tout simplement le fruit de la tournée ayant suivi la sortie de "Arde", durant laquelle les morceaux du groupe ont suivi une évolution telle que celui-ci a choisi de les enregistrer dans des versions bien à part. On ne retrouve dans cet album que 2 morceaux inédits, ainsi que 8 morceaux plus anciens, remis au goût du jour.
Mais je persiste à appeler ce disque le nouvel album de Migala tant le changement est important et surtout positif ! Les chansons sont en général reconnaissables mais gagnent en ampleur, en profondeur... La touche Migala est bien là, mais on retrouve une influence post-rock que je n'avais jamais observée chez ce groupe : les morceaux ont tendance à gagner en longueur, sans pour autant paraître interminables, et semblent plus aboutis, plus fouillés. Ce sont bel et bien des morceaux de concerts, capturés en studio, que Migala nous livrent ici. Un autre aspect de la musique de Migala a été développé dans ce disque : l'aspect noisy. Il était déjà perceptible dans "Arde" ; il prend ici une place plus importante, en apportant vraiment une autre dimension aux morceaux qui composent cet album.
Le "le cancion de gurb" ("Gurb song") ouvrant cet album est totalement transformé et instrumental, et montre clairement la couleur de cet album aux multiples richesses. Le meilleur est selon moi un "Arde" repris en "Aquel incendio", 9 minutes somptueuses...
Que dire en conclusion ? Si vous ne connaissez pas Migala, cet album vous fera découvrir le groupe tel qu'il est à l'heure actuelle. Si vous possédez leurs autres albums, jetez-vous sans hésiter sur celui-ci qui ne ressemble en rien à une compilation mais bien plus à un nouvel album tant ces chansons retravaillées sont intéressantes !

Jul - site.

 

Audio

-) Gurb Song, extrait de 'Así Duele Un Verano'.
-) Arde, extrait de 'Arde'.
-) The Guilt, extrait de 'Arde'.
-) El Pasado Diciembre, extrait de 'Restos De Un Incendio'.
-) El Retraso, extrait de 'Restos De Un Incendio'.
-) El Ultimo Devaneo, extrait de 'Restos De Un Incendio'.

Jetez aussi un oeil à la video de 'The Guilt', pêchée sur le site d'Acuarela : ici.

 

Web

-) Site officiel.
-) Acuarela.