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Photos

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Biographie

Arca est un projet français initié par Joan Cambon et Sylvain Chauveau au début de l'année 2000. Leur nom est une référence à l'écrivain portugais Fernando Pessoa, 'arca' signifiant 'coffre' en portugais, alors que Pessoa avait laissé la plupart de ses écrits dans un coffre qui n'a été découvert qu'après sa mort.

Arca est inspiré par la musique, le cinéma, la littérature, la photographie et les sons occidentaux du quotidien. Le groupe utilise des sons électroniques chaleureux, mixés avec du piano et des guitares, pour créer ses paysages sonores mélancoliques.

 

 

La pluplart des chansons sont généralement enregistrées et mixées chez eux par Joan, qui a déjà travaillé avec pas mal de groupes. Sylvain Chauveau, quant à lui, a déjà trois albums solo à son actif, instrumentaux et basés sur des mélodies doucerettes au piano et sur instruments à cordes. Il participe également à Micro:mega.

Sur scène, Arca évolue en quatuor et utilise, outre les traditionnels instruments (guitare, basse, batterie), du glockenspiel et du mélodica.

 

Discographie

-) 2001 : 'Cinématique' sur Les Disques du Soleil et de l'Acier.

Ce qu'en pense Magic! :
[...] Arca, derrière lequel se cachent Sylvain Chauveau et Joan Cambon, arrive avec un premier album fascinant, qui nous plonge dans les remous obscurs des 80's, tout en échappant aux poncifs de l'époque ou la redite stérile. Bien au contraire, le duo prend des directions contemporaines voire avant-gardistes, n'hésitant pas à plaquer des passages poétiques d'Albert Camus (1957), des dialogues en russe d'Andrei Tarkovski (La Zone), de discrètes paroles anglaises tirées du Kafka de Steven Soderbergh (L'organisation), qui ornent des instrumentaux à la force mélodique implacable (Baixa et 1957 en tête).
Le rapprochement avec Micro:mega tient dans l'habileté à mêler l'électronique et les instruments traditionnels et à former un résultat organique fabuleux. Mais, confusément, c'est Complot Bronswick (celui de Maiakovski) qui transparaît également, ainsi que Tuxedomoon, l'ambient expérimental sombre, La Nuit du Chasseur de Charles Laughton (Pearl Harper).
Globalement, une très belle réussite, même si la fin du disque souffre de l'excellence du début.

Jean-Henri Maisonneuve.

Ce qu'en pense Popnews :
[...] Arca nous offre ici un premier album passionnant et de grande classe. Le son y est beau, les guitares même distordues restent limpides, des claviers vaporeux enveloppent les mélodies et l'électronique y est employée avec une sobriété exemplaire. Les arpèges se répètent et s'enlacent sur des samples de cordes et de dialogues de films pour former des berceuses urbaines qui, comme toutes les berceuses, sont apaisantes et angoissantes en même temps puisque à la voie rassurante de l'adulte se substitue toujours l'obscurité angoissante.
Si ce disque n'est pas chanté, il n'est pas pour autant muet. Arca agrémente ses morceaux d'extraits de films, effet que j'apprécie grandement (ah le fameux « La Maman et La Putain » de Diabologum !) car les chansons prennent d'emblée une importance et un solennel propres aux monologues théâtraux. Ainsi croise-t-on, « La Nuit du Chasseur », Jarmusch, Louis Malle, Soderbergh, un discours de Camus, dans l'univers «cinématique» d'Arca.
Pas d'explosions soniques à la Mogwai sur ce premier opus, ni de grandiloquence salvatrice à la Godspeed You Black Emperor, même si ces groupes doivent faire, quelque part, partie des références d'Arca. On reste plutôt dans le mid-tempo, dans le suggéré, dans la retenue et la subtilité. Arca est à égale distance d'Emak Bakia (les soins de la production en plus) et de l'électronica allemande. Tour à tour lumineux et un peu désespéré, ce disque n'est pas loin d'être un coup de maître.
Je m'y laisse porter comme dans un train lancé à travers un paysage morose et brumeux sublimé par le mouvement, comme dans ces instants où l'esprit peut s'évader vers ses souvenirs et ses réflexions oisives.
Des voies vous bercent ou vous bouleversent. Ce disque est un songe éveillé de 43 minutes.

Monsieur Morel - site.

 

-) 2003 : 'Angles' sur Les Disques du Soleil et de l'Acier.

Ce qu'en pense Les Inrockuptibles :
La notion de "boucle" (mélodique, rythmique, sonore) est si souvent associée aux seules musiques électroniques qu'on en oublierait presque qu'elle est un dénominateur commun de toutes les musiques populaires. Voilà un outil ancestral qui, par-delà les âges, a montré combien il pouvait être à double tranchant. Il est des boucles qui se referment comme un piège sur les musiques qu'elles sont censées soutenir : elles les emprisonnent dans un présent dupliqué à l'infini.
Il en est d'autres qui, au contraire, semblent ouvrir le temps et révéler sa vraie nature – cyclique, et non plus linéaire. C'est ce que démontrent les instrumentaux de ce disque en tous points remarquable : dix lentes toupies qui avancent en tournant sur elles-mêmes. En ressassant inlassablement le thème qu'elles exposent dès les premières mesures, les mélodies electro-rock circulaires et mobiles de Joan Cambon et Sylvain Chauveau ne cessent de se transformer : comme si elles empruntaient au ressac sa mécanique à la fois perpétuelle et changeante, où chaque vague se distingue de la précédente par un son et une dynamique bien à elle, une façon unique d'enfler et de se briser.
L'émotion jaillit de ces moments fragiles et précieux, où l'apparition d'un motif (une ligne de violoncelle, une couche de guitare, un contrepoint de clarinette) ou l'irruption d'un insert sonore (la voix de Francis Bacon, des extraits de films) parent soudain l'acte musical d'une intention nouvelle, d'une facette inédite. Chaque titre est ainsi comme une construction que ses créateurs envisageraient sous des angles différents. Comme Neu! hier ou Godspeed aujourd'hui, Arca invente une musique répétitive aventureuse, qui ne s'abaisse jamais à revenir à son point de départ.

Richard Robert - site.

Ce qu'en pense Popnews :
[...] On note rapidement que l'usage d'extraits de discours, de films et d'émissions est toujours aussi fréquent. Quant au contenu des textes, pas toujours évident de savoir quelle portée le duo veut lui donner. Sur "Polarités", c'est la thématique des médias et notamment de leur traitement des conflits qui est abordée, tandis que sur "Endormir Les Hommes", la diction évoque celle d'Erik Arnaud sur son "American Psycho", la neutralité du ton n'ayant d'égal que la dureté du propos.
Refusant les boucles interminables, Arca ne laisse jamais l'auditeur s'ennuyer avec une rythmique prétendument hypnotique, préférant au contraire varier les thèmes et faire évoluer les compositions, comme pour marquer le temps qui passe. Le temps… voilà effectivement ce que m'évoque "Angles". C'est de lui qu'on a besoin pour écouter ce disque, qui nous le rend bien en provoquant une inévitable sensation de suspension.
Chez Arca, le plaisir vient aussi de la surprise, la guitare apparaissant parfois discrètement, le métallophone, omniprésent, se fondant à merveille dans les compositions et les arrangements, insolites, trouvant à chaque fois leur entière justification.
Et puis, il y a "Portrait Of An Unsatisfied Figure" et sa guitare dont j'ai toutes les peines à définir la beauté et un son si particulier qui n'est pas sans rappeler The Cure. Parfois en simple filigrane et volontairement sous-mixée, la guitare est néanmoins un élément clé de cet album et semble être comme le fil conducteur boisé de plages instrumentales passionnantes.
La deuxième œuvre de ces deux Français a sensiblement gagné en relief et il est à parier que certains de ses titres, tel l'ultime et intense "Nyodene D", resteront incrustés dans les mémoires, de manière plus profonde encore que ceux de "Cinématique" .

Fred - site.

 

Audio

-) Baixa, extrait de 'Cinématique'.
-) Polarités, extrait de l'album 'Angles'.
-) Nyodene D, extrait de l'album 'Angles'.

 

Web

-) Site officiel .
-) Sylvain Chauveau.
-) Micro:mega.