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ARCHIVES | 2005 | MAIN STAGE | DURUTTI COLUMN


Photos

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Biographie

Qui a vu une de ses chansons reprise par Martin Gore (Depeche Mode) ? A coproduit le premier album de Morrisey (Viva Hate) ainsi que son premier hit ? Est considéré comme un génie par John Frusciante (Red Hot), Robert Smith (Cure), Brian Eno et tant d'autres (demandez à Hood ou Piano Magic) ? Qui, par sa musique évoquant une sorte de "désolation envoûtante, une hypnose triste", a préfiguré avec plus de dix ans d'avance un courant pompeusement qualifié de "post-rock" ? Mais qui donc ? Vini Reilly pardi ! L'âme éperdue et indissociable d'un projet musical unique et sans concession : The Durutti Column !

Un peu d'histoire... Si Joy Division et New Order restent les figures marquantes de la scène mancunienne et du label culte Factory, d'autres formations à la carrière plus discrète ne vont pas moins jouer un rôle prépondérant, au premier rang desquelles The Durutti Column s'impose comme une évidence. Derrière cet hommage au situationnisme et à l'anarchiste espagnol Buenaventura Durruti (qui tombera sous les balles franquistes en 1937) se cache, dès la création du label, l'un des musiciens les plus secrets, discrets et paradoxalement influents de sa génération.

 

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Au fil des années 80, Vini Reilly égrène une série d'albums plus beaux les uns que les autres, ce genre de disques inclassables mais que l'on garde précieusement et qu'on ne vendra sous aucun prétexte. 'The return of the Durutti Column', 'LC' (pour Lotta Continua), 'Another Setting', 'Circuses and Bread' ou 'Vini Reilly' imposent avec cohérence la patte du maître : une technique guitaristique inouïe (accords léchés, rythmiques, arpèges, soli, soli à 2 octaves... bref, le pied !) plaquée sur des rythmes cycliques à la boîte à rythmes ou sur les variations jazzy de son batteur attitré/manager de toujours Bruce Mitchell, le tout baigné sporadiquement par le chant déprimé/déprimant de Vini. L'alliage fonctionne à merveille.

Avec la constance d'un fleuve tranquille et des apparitions toujours aussi rarissimes, le musicien va continuer jusqu'à aujourd'hui à délivrer ses disques de solitaire anorexique, immuablement éclairés par une mélancolie inspirée et des arpèges qui n'appartiennent qu'à lui. Avec la même régularité et un peu de paresse, la presse qualifiera l'ensemble d'éthéré, de mélancolique, d'hypnotique, d'obsédant, voire de soporifique, mâtiné de quelques bémols pour les opus parus dans les années nonante. Baisse de régime sans doute consécutive à la disparition traumatisante de Factory, si l'on connaît les convictions et l'intégrité du bonhomme.

 

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Avec ses deux dernières sorties (les albums 'Someone Else's Party' en 2003 et 'Tempus Fugit' en 2004), The Durutti Column va pourtant brillamment renouer avec cette classe qui transparaissait dans ses albums des années 80. Mieux : muet pendant des années, Vini se remet au chant, accentuant d'autant plus la portée symbolique de ce retour aux sources, porté par des mélodies de guitares cristallines et des samplings entêtants. Parfaite stylisation de l'émotion retrouvée, 'Spanish Lament' (la mise en musique de 'Crying', issue de la B.O. de 'Mulholand Drive' de David Lynch) ravira les fidèles et convaincra tout ceux pour qui la Colonne Durutti reste à découvrir. Moments magiques qui, nous l'espérons, se reproduiront sur la scène du Rhâââ Lovely, pour un concert forcément exceptionnel... après 22 ans d'absence en Belgique !

En attendant : silence. Silence. Silence. Et contemplation !

 

Discographie

-) 1980 : 'The Return Of The Durutti Column' sur Factory Records.

Ce qu'en pense Pinkushion :
Loin de la fougue criarde du mouvement punk, cette musique évoque des climats envoûtants, planants dont la tristesse et la colère retenue porte les stigmates de la vie à Manchester aux débuts des années 1980. Cet album pourtant instrumental est dans la droite lignée des disques sombres de l'époque qui touchent de plein fouet la désolation Tatcherienne qui s'abat sur l'Angleterre.
Hypnotique et caverneux, les compositions n'ont pas besoin de voix pour emmener l'auditeur en apesanteur. Produit par Martin Hannet, qui quelques années plus tard sera indissociable du son Joy Division, les arpèges ondulants de la guitare acoustique espagnole de Reilly s'enlacent pour le mieux du monde avec les séquenceurs ombragés, rappellant par moments le côté ambiant qu'on retrouve chez Eno ou David Sylvian.
[...] The Return Of The Durutti Column a trop souvent été jugé comme une musique pour neurasthéniques, pourtant il faut voir dans cet album nourri d'influences classiques une porte ouverte à la musique ambiante, au shoegazing, à la coldwave, toute une richesse musicale qui sera abondamment pillée quelques années plus tard par une Angleterre peu reconnaissante. L'espace d'un album en 1988 pour Morrissey, Viva hate, Vini Reilly rencontra un écho médiatique, qui une fois passé l'oubliera très vite.
Entre désillusions et vie solitaire, les chansons gravées sur The Return Of The Durutti Column sont de ce fait sombres, tristes, ne laissant que peu de place à la lumière. Même si pour ses raisons, nous ne nous sommes que peu aventurés sur les terres de The Durutti Column, cet album de 1979, peut-être le meilleur disque de sa carrière, reste passionnant et accessible, loin de la névrose qu'on veut lui concéder. Dans le top ten de nos beautiful losers préférés, Vini Reilly garde bien son rang, confiant en sa postérité et influences.

Freduti - site.

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-) 1981 : 'LC' sur Factory Records.

Ce qu'en pense Pop-Rock.Coms :
Cet album représente de loin l'apogée du groupe dans sa période froide : unité du projet (les titres s'inscrivent dans un tout, en étant pourtant variés dans l'écriture), ambiances mélancoliques, jeu exceptionnel de guitare, trouvailles musicales (la principale : du phaser sur la boîtes à rythmes...) et de la reverb de luxe.
[...] Le titre Never Know est le parfait exemple de cette alliance magique. Le morceau débute par une note au synthétiseur qui restera en fait la même tout au long des 6 minutes ; seulement le son est riche, la modulation judicieuse et l'effet discret. Le second élément constructeur est la boîte à rythmes. Elle dispose elle aussi d'une attention sonore délicate pour contre-balancer sa simplicité : un seul motif arythmique couplé à du phaser. Ce minimalisme est heureusement compensé par la technique guitaristique inouïe pour un disque Cold Wave, tout y est : accords léchés, rythmiques, arpèges, soli, soli à 2 octaves... bref le pied ! Enfin le chant déprimé/déprimant de Reilly, qui ressemble plus à une voix sourde, fonctionne à merveille. A l'image de l'album dans son ensemble, Vini se donne les moyens de "tout laisser tomber". De cette polarité naît une création de génie !

Alan Brausseau - site.

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-) 1982 : 'Another Setting' sur Factory Records.

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-) 1983 : 'Amigos Em Portugal / Dedications For Jacqueline' sur Fundacao Atlantica.

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-) 1983 : 'Live At The Venue London' sur Vu.

Ce qu'en pense Foutraque :
Ce live qui date de 1981 nous donne l'opportunité de retrouver pour la première fois sur scène l'incroyable et increvable percussionniste Bruce Mitchell qui l'accompagne toujours tant en studio qu'en concert.
Du mythique Sketch For Summer, issu du séminal premier album The Return Of The Durutti Column (1979), aux prémices du second album LC, le duo mancunien joue sa musique avec brio et énergie, démontrant que sa musique n'est pas une version édulcorée d'une éventuelle bande-sonore "Lounge"...

Poplunaire - site.

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-) 1984 : 'Without Mercy' sur Factory Records.

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-) 1985 : 'Say What You Mean, Mean What You Say' sur Factory Records.

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-) 1985 : 'Domo Arigato' sur Factory Records.

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-) 1986 : 'Circuses And Bread' sur Factory Records.

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-) 1987 : 'The Guitar And Other Machines' sur Factory Records.

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-) 1989 : 'Vini Reilly' sur Factory Records.

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-) 1990 : 'Obey The Time' sur Factory Records.

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-) 1991 : 'Dry' sur Materiali Sonori.

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-) 1995 : 'Sex & Death' sur Factory Too.

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-) 1997 : 'Red Shoes' sur Materiali Sonori.

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-) 1998 : 'Time Was GIGANTIC' sur Factory Too.

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-) 1999 : 'A Night In New-York' sur Reachout International Records.

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-) 2001 : 'Fidelity' sur Les Disques Du Crépuscule.

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-) 2001 : 'Rebellion' sur Artful Records.

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-) 2002 : 'The Return Of The Sporadic Recordings' sur Kooky.

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-) 2003 : 'Someone Else's Party' sur Artful Records.

Ce qu'en pense Popnews :
[...] De "somebody's party" qui fleure bon l'époque Factory, à l'hommage délicat à sa défunte mère ("Requiem For My Mother"), Reilly retrouve ici sa mélancolie d'antan portée par des guitares cristallines et entêtantes. Débarrassé de ses chanteuses, il se remet au chant, accentuant d'autant plus la portée symbolique de ce retour aux sources. Il se livre, seul ou accompagné du batteur / manager de toujours Bruce Mitchell, se met en danger, laisse son "flow" si particulier emplir les plages du disque.
Pas de leçon de grattage de corde ni d'effets électro tape-à-l'oeil, la finesse du grain et les dégradés se chahutent, s'interpellent et créent une pop classieuse et raffinée. Vini nous refait même le coup du sample éhonté et pourtant magnifié : "Spanish Lament" (la mise en musique de "Crying" - une reprise de Roy Orbison issue de la BO de "Mulholand Drive") renvoie l'auditeur au "Otis" de 1989 où une voix d'opéra sublimait déjà ses arpèges délicats et ses claviers soyeux. David Lynch doit se mordre les doigts de ne pas avoir attendu cette superbe version pour illustrer la scène troublante et sensuelle du "Silencio". Silence. Silence. Silence.
[...] C'est par une splendide ballade enregistrée sur un vieux magnéto pourri au fond d'un jardin que Vini clôt ces retrouvailles. Un jardin entouré de quatre murs de briques rouges un peu délavés. Certes. Mais un jardin secret tout de même.

Ursagraph - site.

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-) 2004 : 'Tempus Fugit' sur Kooky.

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Audio

Quelques morceaux sont à télécharger ici.

 

Web

-) Site officiel.
-) Cerysmatic Factory.