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EERDERE EDITIES | 2007 | MUZIEK | ARNAUD MICHNIAK


Biography

Singer in Diabologum in the nineties, then in Programme, Arnaud Michniak is now taking it on a solo project, called "Poing perdu" (“Stray Punch”) and that forces rock, hip hop and electronic music further back against the wall.

 

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Credits: Renaud De Foville @ Le Cargo.

 

Composed from a soundtrack and a text written for an exhibition by Mathieu Copeland, this album illustrates the new visions of the man from Toulouse, France, letting him escape then through performances/concerts into which he merges his different audiovisual experiences with new songs. This project, "films/slams/sons", will hence mix live music and poetry taken from "Poing perdu" and excerpts from movies Michniak directed with his new collective, "Appelle ça comme tu veux" (“Call that whatever you want”.)

 

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Credits: Renaud De Foville @ Le Cargo.

 

Those movies were based on quite simple scenario: in the first, four young men steal a camera from a Japanese tourist family, record their lives and the society they live in; in the second one, the very same boys are seen fixing a megaphone on top of a car and going through the country slamming everything that comes to their minds.

Arnaud Michniak is accompanied on stage with guitarist R (Non Stop, Dj R.) “Poing perdu” will be released in May (Ici d’ailleurs.)

 

Discography

-) 1993 : Diabologum 'C'était un lundi après-midi semblable aux autres' on Lithium.

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-) 1994 : Diabologum 'Le Goût du jour' on Lithium.

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-) 1996 : Diabologum '#3' on Lithium.

Guts Of Darkness' point of view (in French):

[...] De disque en disque, les Diabologum avaient pour ambition première de se renouveler et de donner sujet à réaction, un pari qui s'imposera comme amplement réussi. Décrire la musique de la formation n'est pas chose facile, pour la simple raison que sa décortication risque de vous en désintéresser totalement (n'est pas Sheer-Khan qui veut !). Posons #3 en disque de rock français avant tout, comme en atteste son titre d'ouverture 'De la neige en été'. Dès 'Il faut' cependant, les pistes sont brouillées : vocaux non plus chantés mais parlés, guitare tordue passablement dissonnante, riffs laborieux et notes louches par un guitariste halluciné, influences hip hop voire trip-hop de plus en plus présentes ('Les angles'), musique de plus en plus épurée et schizophrène ('Une histoire de séduction'), paroles à la fois glissantes, véhémentes et étranges, jusqu'au point d'orgue 'La maman et la putain' ou un long monologue tiré du film de Jean Eustache du même nom est Diabologumisé via piano agonisant et guitares en cloque. On navigue ainsi d'un simple noise-rock vers des ambiances barrées (mais non pas complexes) et maladives, de titres évidents vers d'autres à la difficulté d'accroche beaucoup plus prononcée ('Une histoire de séduction'). Pourtant, jamais le processus de composition ne tend vers l'incompréhensible, la formation s'en défend, et l'expérimental pur n'est pas au programme, seuls les étranges chemins empruntés par le groupe demanderont un clair temps d'adaptation (surtout pour les plus metaleux d'entre vous), en particulier le chant funambule, à la frontière du phrasé rappé et de la poésie malsaine. Ce troisième et dernier disque de Diabologum est incontournable, c'est un monument morose et suspect à vous plomber votre humeur des grands jours et à vous flanquer des nausées post-gestationnelles. Les Diabologum n'iront malheureusement jamais plus loin, puisque les deux hémisphères de la formation Arnaud Michniak et Michel Cloup tenteront de poursuivre l'expérience chacun de leur côté avec Programme et (justement) Expérience, afin d'explorer respectivement les facettes les plus hip-hop et les plus rock de feu Diabologum. Un ovni qui n'a pas pris une ride malgré l'approche de ses dix ans, 'À découvrir absolument' !

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-) 1997 : Diabologum & Manta Ray 'La última historia de la seducción' on Astro Discos.

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-) 2000 : Programme 'Mon cerveau dans ma bouche' on Lithium.

dMute's point of view (in French):

Mon cerveau dans ma bouche est un album ambitieux, de ceux qui obligent le chroniqueur à aborder une quelconque tentative d'analyse avec humilité. D'entrée, Arnaud Michniak crache : "(...) l'idéalisme. Ce disque est son fruit. Et aussi une grosse merde. Tous les disques sont de la merde." Intro à leur univers pour le moins directe... Sous cette accroche stylistique d'une provocation dont il n'est pas dupe, comme il le précise, Arnaud clame déjà le dégoût, né de la conscience de ses limites. Avec les espoirs, les idéaux utopiques comme seule alternative à des compromis que son intégrité refuse : "Certains s'arrangent avec leurs illusions. certains trouvent de quoi être sereins." Ce morceau, c'est Demain : une montée rock foudroyante qui présente déjà, sans détours, les caractéristiques qui apparaîtront dans les thèmes abordés par Programme : lucidité aveuglante ("c'est le disque de quelqu’un qui sait, qui n'en retire aucune fierté"), plume cinglante, densité de réflexion, désillusions : "Demain c'est parler de cailloux lancés dans un lac, et de l'horreur qui est belle, de l'horreur qui est vraie".

Programme déchire les interfaces et abolit la distance de l'auteur à la chanson et de la chanson à l'auditeur : apostrophe à la seconde personne du singulier et autofiction ("celle ou celui qui voudra de tes nouvelles aura la Fnac comme boîte aux lettres"). Difficile de faire abstraction du discours de Le meilleur moyen pour y rester et de ses images fortes ('mon cerveau dans ma bouche", le suicide, le "monde parodique"). Mais à la composition, Damien Bétous ne démérite pas, dans un accompagnement adéquat à base de plaintes sonores (échappées de sa formation électro-acoustique), d'harmonies hors-contexte et de guitares perturbées.

Il développe le même à-propos dans les correspondances textes-son quasi-synesthésiques de Boomerang, la chronique sombre de La salle de jeu et la peur (ambiance noire et samples à la texture presque concrète), ou encore avec l'abîme en forme de zapping dissident sur P.O.L.I.C.E. D.U. M.O.N.D.E. P.A.R.O.D.I.Q.U.E, titre qui nécessite définitivement une écoute attentive pour en saisir parfaitement l'esprit, qui concerne les sujets de la Fin, de la fuite. L'aliénant Le jour est le brouillon de la nuit est un autre exemple de cette pertinence. Sons et prose y progressent dans un même mouvement, évidemment hors-formats.

Après Des singes déboulent de partout et tabassent tout ce qui passe, récit ovni relativement court, vient la déflagration d’Et après ?, entre accroche haletante, imparable, et crashs soniques, avec toujours des mots crus, violents, cruels.

La matière hybride, qui intègre une programmation maîtrisée sans brider l’inspiration aventureuse, appuie inexorablement les lyrics glaçants. Cette fois-ci, la dérision par quelques hypocrites d’une rébellion toute adolescente paraît impossible. La révolte est sous ces paroles, qu’on trouvera finalement infiniment plus censées que les rengaines lisses des institutions de la contestation. Des critiques d’une justesse prophétique pour les recalés d’une société jugée hostile et sinistrement absurde. Mon cerveau dans ma bouche peut être un réveil, pour les « singes » qui ne savent que depuis trop longtemps que « bien faire le bien, c’est mal faire le mal ». A cet égard, Je sais ou je vais est dangereusement subversif. Une énonciation terrassante que les âmes grégaires fuiront.

Pour d’autres, déjà avertis, les amateurs de Houellebecq en observateur sans leurres de l’espèce, de l’ironie désespérée de Fuzati, voire auditeurs du Bertrand Cantat de L’Homme pressé… Pour les éternel(le)s Antigone, les asociaux assumés ou encore les simples consciences éveillées, ce Programme est pour vous, et si vous ne l’avez pas encore découvert, l’expérience s’impose. Vous apprendrez encore comment la rage peut devenir vecteur d’une forme de maturité.

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-) 2001 : Programme 'Génération finale' on Lithium.

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-) 2002 : Programme 'L'enfer tiède' on Lithium.

Guts of Darkness' point of view (in French):

"Mon Cerveau dans ma bouche" avait été un coup de poing dans la gueule; "Enfer Tiède" lui équivaut à rouer de coups la victime juste tombée. "Bogue" sera le journal intime d'un schizophrène; "Enfer Tiède" est le disque d'une génération ratée. Le "je" et le "tu" sont remplacés par le "on". Programme parle à un public déjà acquis à sa cause, et en profite pour aller encore plus loin dans le nihilisme et l'ultra violence textuelle. "Enfer Tiède" est à la musique ce que Wolfgang Paalen et Francis Bacon sont à la peinture, Gaspard Noé et Michael Haneke au cinéma ou Lautréamont et Antonin Artaud à l'écriture: un OVNI sombre plus sombre que le plus sombre des trucs sombres. Vicieux et intelligent. Il faut dire qu'en commençant l'album avec "Il y a" et en le finissant par "Et la ville disparaît", il ne fallait pas s'attendre à du Vincent Delerm. "Il y a" et sa longue descente sonore dans les graves, cette voix qui radote "on a raison de faire ce qu'on fait, de penser ce qu'on pense, d'être ce qu'on est, de continuer dans le même sens", cette faculté à observer et à dire… "Et ça c'est une clocharde… p'têt qu'on l'a écarté parce qu'elle buvait trop ou qu'elle s'est mise à boire après"… La peur des autres, l'angoisse et la frustration face à sa propre image, la remise en question qui nous "fait peut être plus de mal qu'on en mérite"… "Et peut être qu'on ne souffre pas vraiment tant qu'on ne souffre pas physiquement". Se sentir à l'écart, inutile, de ne pas avoir l'impression d'être compris, par fainéantise des autres ("les gens croient nous connaître mais non, même nos proches"), se sentir coupable, de quoi ? "Et si on ne nous avait pas fait souffrir on ne connaîtrait pas la souffrance, et si on ne nous avait pas menti on ne connaîtrait pas le mensonge ". EST-CE QUE TU CONNAIS CA, TOI ? J'aimerais te voir prendre "Une vie" en pleine gueule, avec ce piano dissonant, hypnotique, cette batterie puissante, et ces paroles toujours plus… "UNE VIE OU PLUS ON REFLECHIT, PLUS ON SE DIT QU'ON AURAIT PREFERE UN FUSIL". Supporte "Entre deux feux", et sa contrebasse géniale, où Michniak évoque les femmes, une première depuis Diabologum. Mais ne t'attends pas à du romantique, ici c'est pour souffrir et regarder notre misérable condition: "On a connu plusieurs filles, certaines voulaient faire de nous le père leurs enfants, mais nous on voulait pas… ni s'accrocher à elles, même quand elles étaient belles". Le flow est génial, entraînant comme une leçon de vie: "En bon rejeton de la classe moyenne, celle qu'on a démissionné après avoir compris que la renvoyer coûterais trop cher… on est pas solidaire. La collectivité et nous c'est fini". Les 7 titres de cet enfer musical sont tous des sommets textuels, les meilleurs sans doute de Michniak. Musicalement, Bétous fait de véritables merveilles, avec des jongleries ahurissantes sur les samples, un travail de basse d'une réelle inventivité, des rythmes originaux, etc… Tu vas me dire que j'ai omis le 8e titre, et c'est normal. Bétous y joue du saxophone dissonant, et Michniak y déballe ses paroles avec une violence et une force jamais entendue. Seulement, ce titre est tellement surréaliste que je ne peux même pas t'en parler. Tout simplement parce qu'on ne peut pas écrire une chronique qui soit à la hauteur des sommets de Programme. Alors, si tu veux faire l'effort de comprendre, si tu as le courage d'affronter tes défauts, si tu n'as pas peur quand on te hurle dessus, si tu crois être fort, si tu es égoïste, si tu es sensible, si tu crois avoir tout vu, tout entendu, tout lu, si tu ne t'aimes pas, si tu n'aimes pas les autres, si tu n'aimes pas leur hypocrisie, leurs mensonges, leur lâcheté, leur ignorance, leur soif de pouvoir, leur morale, leur capacité à te manipuler, si toi-même tu te leurres, si tu as peur des filles, si tu angoisses avant de dormir, si tu ne te sens pas à ta place ici, si tu te sens à l'écart, ignoré, aliéné par la société, si tu n'as pas peur de mourir, si tu as honte de toi, si tu as envie de te flinguer mais qu'il te reste une once de force pour te battre encore un peu, alors écoute ce disque et serre les dents.

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-) 2004 : Programme 'Bogue' on Le Brouillon and Ici D'ailleurs.

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-) 2007 : Arnaud Michniak 'Poing Perdu' on Ici D'ailleurs.

 

Audio

One track of his forthcoming album can be listened to on his record label's Myspace page.

 

Video

Programme, Une vie, live @ La Boule Noire (Paris), 2002


Credits: Renaud De Foville @ Le Cargo.

 

Web

-) Official page.
-) Myspace (Ici D'ailleurs).
-) Ici D'ailleurs.